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<M1vm62mootPKKsPeRioN21flisk@jntp>

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Message-ID: <M1vm62mootPKKsPeRioN21flisk@jntp>
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Subject: De la notion de =?UTF-8?Q?simultan=C3=A9it=C3=A9=20relativiste=20chez=20R?= 
 =?UTF-8?Q?ichard=20Hachel=2E=2E=2E?=
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From: Richard Hachel <r.hachel@wanadou.fr>
Bytes: 6283
Lines: 95

 La notion de simultanéité étant définie par l'existence coïncidente 
de tous les événements se produisant en
même temps, ou bien encore, étant caractérisée par l'ensemble de tous 
les phénomènes physiques ayant lieu
au même instant, on devrait être en mesure, du moins en considérant 
toutes les composantes fixes se trouvant
dans un système inertiel donné, de parler de "simultanéité absolue", 
de "synchronisation universelle", ou de
"calendrier commun" - ces termes étant alors susceptibles d'acquérir une 
réelle signification physique - si
l'on pouvait, sans qu'elle varie, transposer la simultanéité propre d'un 
observateur particulier à tous les
autres observateurs inertiels présents dans le même référentiel.

Il suffirait de trouver un signal quelconque, ou une action quelconque, 
par lesquels un corps A pourrait
interagir instantanément avec un corps B, c'est à dire au moyen d'une 
information se propageant infiniment vite,
pour que cette notion de "simultanéité absolue" soit expérimentalement 
prouvée. On pourrait alors dire que
l'action induite par le corps A s'est instantanément transmise au corps 
B, ou que l'action produite par le
corps A s'est effectuée en même temps que sa détection par le corps B, 
et qu'il existe, de facto, entre A et B,
une sorte de simultanéité réciproque et absolue.

On pourrait également imaginer un signal aller-retour effectué sur la 
distance x séparant A et B, et réalisé au
moyen d'une information infiniment rapide, de telle manière que les 
instants Ta (départ noté par la montre A)
et Ta' (retour noté par la montre A) soient simultanés. Il viendrait 
facilement que si les deux montres A et B
sont "correctement" accordées (par exemple en utilisant un signal 
électromagnétique issu du milieu M de AB,
ou bien en écartant lentement les deux montres qu'on aurait 
préalablement synchronisées au même endroit)
alors l'instant Tb (instant noté par B pour la réflexion du signal) 
serait le même que les instants Ta et Ta',
puisque si Ta'-Ta = 0 par définition, alors |Tb-Ta| + |Ta'-Tb| = 0, d'où 
Ta =Ta'=Tb, et, en pratiquant ainsi
de proche en proche, pour une multitude d'autres points C, D, E, F, G, H, 
I et cetera, la notion de coexistence
générale en parfaite simultanéité absolue de toutes les composantes 
fixes d'un référentiel inertiel R donné
pourrait être démontrée.

Or, cette preuve n'existe pas : on sait qu'un corps peut agir à distance 
sur un autre corps - par exemple sous la
forme d'une onde électromagnétique, sous la forme d'un choc mécanique 
transmis le long d'une tige rigide, ou
sous la forme d'une interaction gravitationnelle - mais on n'a jamais 
trouvé de signal qui soit infiniment rapide,
ou d'action à distance qui soit instantanée. Il semble plutôt, en 
effet, qu'il existe, dans la nature, une sorte de
vitesse limite infranchissable que l'on va retrouver pour tout 
référentiel galiléen considéré - vitesse limite
observable véritable clé de voute de la science moderne - et qui va 
s'étendre à toutes les particules et à toutes
les propriétés de la physique.

On peut alors supposer, et énoncer, au regard de ce que nous venons de 
dire, le principe fondamental suivant:
"la notion de simultanéité est relative par tout changement 
d'observateur; mêmes fixes entre eux, des
observateurs différents placés en des endroits différents, bâtissent 
des systèmes de simultanéité différents";
et, ainsi, généralement, dans un système donné, deux ou plusieurs 
événements simultanés pour un observateur A
ne le seront plus, et réciproquement, pour un observateur B, même 
parfaitement inertiel.

De là, va inévitablement apparaître l'impossibilité physique de 
tapisser un quelconque repère d'horloges fixes
"absolument" synchronisées entre elles, puisqu'elles ne pourront jamais 
s'entendre sur la notion de simultanéité:
deux bancs placés dans un jardin public, deux gares disposées sur un 
réseau ferroviaire national, ne pourront
jamais s'accorder sur ce qu'on pourrait abstraitement appeler "la notion 
de temps présent universel", et, au
mieux d'une synchronisation voulue "cohérente" - par exemple, en 
utilisant l'une des deux méthodes de réglage
citées plus haut - chacune de deux montres ainsi synchronisées 
considérera toujours que l'autre montre
retarde sur elle d'une valeur égale à T = x/c ; mesure réelle, 
physique, absolument indicative d'elle même, et
impliquant qu'un même calendrier ne saurait valoir pour tout l'univers, 
ni même simplement pour un quelconque
repère géographique donné.

La synchronisation d'Einstein, pour intéressante qu'elle peut être, ne 
peut donc se comprendre que comme 
oeuvre utile mais abstraite, dans le sens étymologique de l'adjectif, 
c'est à dire "hors-réalité physique". 

 R.H.