| Deutsch English Français Italiano |
|
<svvo8q$h7m$1@dont-email.me> View for Bookmarking (what is this?) Look up another Usenet article |
Path: ...!eternal-september.org!reader02.eternal-september.org!.POSTED!not-for-mail
From: =?UTF-8?Q?Cardinal_de_H=c3=a8re?= <cardR@gmail.com>
Newsgroups: fr.soc.politique,fr.soc.economie
Subject: =?UTF-8?Q?L=27analyse_=c3=a9conomique_de_Charles_Gave_sur_les_cons?=
=?UTF-8?Q?=c3=a9quences_de_la_guerre_de_l=27OTAN_contre_la_Russie?=
Date: Sat, 5 Mar 2022 14:23:40 +0100
Organization: Ordre hospitalier de l'Alephun
Lines: 201
Message-ID: <svvo8q$h7m$1@dont-email.me>
Mime-Version: 1.0
Content-Type: text/plain; charset=windows-1252; format=flowed
Content-Transfer-Encoding: 8bit
Injection-Date: Sat, 5 Mar 2022 13:23:38 -0000 (UTC)
Injection-Info: reader02.eternal-september.org; posting-host="41627bf2f4431e817fee6a69599bc4ce";
logging-data="17654"; mail-complaints-to="abuse@eternal-september.org"; posting-account="U2FsdGVkX19/EuWRsSezn64yShwAgSA1"
User-Agent: Mozilla/5.0 (Windows NT 6.1; Win64; x64; rv:78.0) Gecko/20100101
Thunderbird/78.6.1
Cancel-Lock: sha1:KqgAruTRBuMd/+RX89YeuKzK/0o=
Content-Language: fr
X-Mozilla-News-Host: news://news.eternal-september.org:119
Bytes: 11102
<https://institutdeslibertes.org/guerre-russie-ukraine-consequences-economiques-et-financieres/>
Guerre Russie- Ukraine: Conséquences économiques et financières.
Charles Gave
Apparemment, au moment où j’écris ces lignes, j’apprends que l’Europe et
les USA vont geler les réserves de change russes en Euro et en dollars.
Ceci est une déclaration de guerre économique qui devrait amener la
Russie à ne plus exporter d’énergie vers l’Europe ou les USA, ce qui
pourrait déclencher un krach mondial.
Commencer une guerre est chose facile et tous ceux qui se sont lancés
dans cette aventure étaient persuadés que le conflit serait bref et
qu’ils en sortiraient vainqueurs.
La réalité est souvent différente comme les exemples des conflits
initiés par les USA depuis la chute du mur de Berlin le prouve.
Comme je savais que Poutine était un bon étudiant de l’Histoire avec un
grand H, j’ai donc été surpris de le voir se lancer dans une aventure
militaire dont l’issue lui serait fatale si elle venait à être un
désastre pour la Russie.
Mais ce qui est fait est fait, et il faut maintenant intégrer ce nouvel
élément dans les analyses que je suis amené à faire.
Mon but n’est pas de porter un jugement moral sur cette décision de
Poutine, mais de comprendre les conséquences économiques et financières
de cette décision sur les équilibres du monde.
Pour cela, il me faut faire en tout premier des hypothèses sur les buts
que poursuit Poutine :
Hypothèse numéro un: Le but est de détruire le potentiel militaire
de l’Ukraine par des frappes « ciblées » sur tout le territoire
Ukrainien, pour, ce but atteint, se replier dans les zones contestées et
dont il a reconnu l’indépendance. Dans ce cas, le conflit pourrait être
de courte durée et les choses rentrer dans l’ordre assez vite.
Hypothèse numéro deux: Poutine est, et a toujours été, un partisan
de la grande Russie qui inclut l’Ukraine et son but est l’annexion pure
et simple du pays a la mère Patrie. Dans ce second cas, voilà une
affaire qui risque de durer militairement, diplomatiquement,
économiquement et financièrement.
Je tiens à dire ici que moins de 200000 hommes pour mettre en œuvre la
deuxième hypothèse me semble tout à fait insuffisant, ce que semble
confirmer que les troupes Russes ne donnent pas l’impression de vouloir
conquérir les villes ni capturer le pouvoir Ukrainien.
Mais comme l’a montré Clausewitz, la « montée aux extrêmes » peut se
produire assez vite sans que quiconque ne soit responsable, comme on l’a
vu aux débuts de la première guerre mondiale, tous les combattants
pensants qu’ils seraient dans leurs foyers pour Noël.
Ayant posé mes hypothèses, il me faut ensuite intégrer les sanctions qui
vont être prises par le « camp du bien » contre la Russie et contre son
gouvernement.
Apparemment, elles n’ont pas grand intérêt sauf une : interdire le
système Swift de paiement aux banques Russes. C’est vouloir couper la
Russie du commerce international, non pas tellement avec l’Asie et la
Chine avec lesquelles des systèmes de paiement alternatifs ont été mis
en place, mais certainement avec l’Europe, qui commerce beaucoup avec la
Russie au contraire des USA. Ces sanctions feront donc une victime
certaine, les économies européennes.
Ce qui m’amène à poser la question suivante : la Russie est-elle dans
un état économique et financier qui lui permettra de résister sans trop
souffrir aux sanctions dont elle va être l’objet ?
Regardons.
La Russie est à l’équilibre budgétaire, a des excédents conséquents de
ses comptes courants, une dette extérieure et intérieure très faible,
des taux d’intérêts réels sur les obligations à 10 ans supérieurs à 5 %,
est excédentaire en énergie, en produits agricoles (blé en particulier)
et en matières premières. Enfin la Russie a des réserves de change (15 %
seulement en dollars US) qui couvrent littéralement deux ans
d’importations, ce qui est gigantesque.
Pour résumer la réalité, le monde en général et l’Europe en particulier
ont beaucoup plus besoin de la Russie que la Russie n’a besoin d’eux.
Pour utiliser une analogie historique, Madame Thatcher, avant de rentrer
dans un conflit « à mort » avec le syndicat des mineurs en
Grande-Bretagne avait commencé par accumuler des stocks de charbon
immenses. Tout semble indiquer que monsieur Poutine a fait de même et
qu’il s’est préparé à une guerre longue, et qu’il semble rentrer dans
cette guerre mieux préparé que le furent le syndicat des mineurs et
monsieur Scargill, son chef à l’époque.
Voyons comment ses adversaires se sont préparés ( faut-il dire ses
ennemis ?)
Je n’ai pas d’informations spéciales sur l’Ukraine, qui, en dehors du
blé et de l’armement léger, ne semble pas produire grand-chose.
La destruction des ports Ukrainiens entraînerait sans aucun doute une
hausse considérable des prix du blé mondial, ce qui ferait bien
l’affaire de la Russie.
Qui plus est, pour l’instant, une grande majorité du gaz Russe exporté,
passe par l’Ukraine. Faire sauter les pipelines en Ukraine, c’est
garantir la faillite du pays, le gouvernement encaissant des milliards
de dollars en droits de passage.
Et l’Ukraine, pays mal géré et corrompu n’a pour ainsi dire aucune
réserve de change, ce qui veut dire que si ses ports sont détruits et
ses pipelines coupés, alors, il faudra que l’Europe et les USA paient la
facture des subventions « humanitaires » aux populations locales, ce qui
va enthousiasmer les peuples américains, français, allemands, Italiens
etc… dont le niveau de vie sera en train de s’écrouler en raison de
hausses des prix insensées dans l’énergie et la nourriture…
Venons-en à l’Europe et à l’Euro.
L’Europe est dans une situation impossible.
Les dettes étatiques y sont gigantesques, les déficits budgétaires
incontrôlables si les taux d’intérêts retrouvent un niveau normal, les
déficits extérieurs inévitables si les prix de l’énergie continuent à
monter, les taux d’intérêts réels sur les obligations à 10 ans
profondément négatifs.
La situation économique et financière de l’Europe est littéralement
l’inverse de celle dont bénéficie la Russie, ce qui revient à dire que
l’Europe est dans une situation désastreuse et ne devrait en aucun cas
se lancer dans un conflit avec la Russie. Car, si la Russie coupe ses
exportations de gaz et de pétrole, l’Europe immédiatement rentrera dans
une très forte récession inflationniste, un peu comme la Grande-Bretagne
en 1976-1977 et l’Euro disparaîtra devant la fureur des peuples, ce qui
engendrera une autre crise.
Passons aux USA, et à l’inénarrable Biden, dont le fils fut l’un des
bénéficiaires de la corruption Ukrainienne .
Ce sont les USA qui depuis des années insistent pour punir la Russie de
son annexion de la Crimée. Il me semble que les nouvelles sanctions
proposées par les USA contre la Banque Centrale Russe risquent de nous
amener très vite à une pénurie de blé et d’énergie en Europe et dans le
reste du monde. Difficile de payer les importations de Russie en Euro ou
en dollar si les Russes ont leurs comptes en euro ou en dollar bloqués.
Voilà qui pourrait aider les producteurs américains.
Mais les Etats-Unis n’ont aucune capacité de production excédentaire
pour combler les trous, ni en matières premières agricoles, ni en gaz,
ni en pétrole, ni en matières premières industrielles.
La politique américaine de sanctions contre la Russie risque donc de
déclencher une énorme récession en Europe, et ils ne pourront rien faire
pour nous aider.
Ce qui revient à dire que les gouvernements américains sont prêts à se
battre jusqu’au dernier européen, mais pas au-delà.
Dès que l’inflation dépassera 10 % aux USA, on les verra revenir à la
table de négociation avec la Russie mais entre ce moment et maintenant,
une grosse partie du potentiel industriel européen aura disparu.
Peut-être sera-t-il alors racheté à bon compte par les entreprises
américaines à qui ces entreprises européennes faisaient concurrence?
Ou plus probablement par des entreprises chinoises.
Gageons que les prochains élus en Europe voudront sortir de l’OTAN, la
protection militaire américaine coutant vraiment très chère.
Et le reste du monde ?
Deux conclusions s’imposent
La construction d’une zone monétaire chinoise en Yuan apparaît
comme de plus en plus justifiée compte tenu des abus de droit dont se
rendent coupables les américains. La réserve de valeur sûre est donc
maintenant une obligation chinoise a 10 ans, le Bund et le T Bond
n’étant plus sûrs juridiquement (risque de confiscation).
L’or, quant à lui, n’a pas besoin d’être déposé dans une autre
========== REMAINDER OF ARTICLE TRUNCATED ==========